vendredi 14 décembre 2018
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La Belle Histoire du Trampoline

Publié le 2009-09-14 par Alan Bennett

La Belle Histoire du Trampoline

Observez le visage des enfants lorsqu’ils sautent sur un trampoline et vous y trouverez frissons et excitation. Saviez-vous pour autant que cette idée toute simple, qui consiste à sauter de haut en bas sur une surface rebondissante, trouve des racines dans diverses cultures.

La plupart des animaux possèdent une aptitude innée à l’amusement, il suffit de regarder un groupe d’agneaux jouer au Roi sur la colline dans un pré, ou encore des loutres glisser le long des rives. Les humains ont eux aussi pour coutume ancestrale de profiter de l’amusement et des défis liés aux jeux tels que le trampoline. Les Inuits jouent par exemple à se lancer en l’air les uns les autres sur une peau de morse tendue, les cours d’écoles anglo-saxonnes sont quant à elles coutumières du « birthday bumps », qui consiste à lancer en l’air son camarade après lui avoir chanté le fameux « happy birthday » pour son anniversaire. Cervantès aborde en ce qui le concerne les jeux de sauts d’une manière bien moins plaisante dans Don Quichotte, lorsqu’il décrit la punition infligée à Sancho Panza lancé en l’air dans un drap blanc ou encore lorsque la foule lance une personne en l’air.

Le développement du trampoline moderne a pour sa part évolué à partir de diverses sources, parmi lesquelles une sorte de tremplin, utilisé par les gens du cirque du milieu du dix-neuvième siècle pour améliorer leur habilité au saut. Les Beatles se réfèrent à leur tour à une affiche de cirque de 1843 et à un spectacle nocturne de trampoline (“show tonight on trampoline”), dans leur chanson de l’album Sergeant Pepper “For The Benefit of Mr Kite”.

L’évolution la plus significative est toutefois due à George Nissen et Larry Griswold, deux gymnastes de l’Université de l’Iowa aux Etats Unis. Ils ont découvert comment des filets de sûreté tendus amélioraient le rebond et l’effet de décrochage des trapézistes. Ils se servaient d’un tissu au tissage très serré, tendu sur un cadre en fer monté sur ressorts. Les deux gymnastes construiront et déposeront le premier modèle de trampoline moderne vers 1934, celui-là même qui évoluera vers le trampoline que nous connaissons aujourd’hui.

Dés lors, le trampoline est utilisé dans des fonctions très diverses, même si une des plus fascinantes reste celle qui consiste à entraîner les astronautes à l’apesanteur et à différentes attitudes en vol. Cette pratique a débuté au cours de la deuxième guerre mondiale lorsque la US Navy a reconnu la rentabilité de pratiquer au sol les exercices de mobilité dans l’espace des pilotes et navigateurs, comparés aux mêmes exercices dans un avion, plus coûteux et potentiellement dangereux. Après la guerre, la pratique s’est perpétuée pour l’entraînement des astronautes américains et soviétiques.

L’utilisation du trampoline fait un nouveau bond en avant à la fin des années 70, lorsque la NASA choisit de commanditer une étude scientifique sur les bénéfices physiques liés à la pratique du trampoline. En 1980, des résultats reconnus spectaculaires ont été publiés dans le Journal of Applied Psychology. Les effets d’un jogging sur un tapis de jogging ont été comparés aux effets de sauts sur un trampoline chez huit jeunes hommes athlétiques. Ces résultats, spectaculaires, ont conduit depuis lors à des bienfaits considérables pour la santé.

Si l’historique du travail de Nissen et Griswold est bien documenté, l’origine du nom “trampoline” demeure incertaine. Un artiste de cirque portait le nom de « Du Trampoline », et certains historiens du cirque affirment que son nom est à l’origine du mot trampoline. Au départ, Nissen et Griswold avaient nommé leur invention le “rebound tumbler”, pour déposer plus tard le nom de trampoline. Ceci est probablement dû à une remarque dont Nissen a fait l’expérience au cours d’une démonstration au Mexique. Quelqu’un dans la foule a utilisé le nom de « El trampolin » (« plongeoir » en espagnol), après avoir observé le fonctionnement du « rebound tumbler ». Le terme trampoline est désormais devenu le terme générique définissant le support capable d’amuser tant d’enfants et d’adultes du monde entier.

Aujourd’hui, le trampoline est toujours en constante progression, grâce à sa qualification au rang de sport de compétition depuis la fin des années 40, atteignant des sommets lors de son inclusion en tant que discipline olympique aux JO de Sydney en 2000. La boucle fut bouclée lorsque qu’en 2008, George Nissen, alors âgé de 94 ans, fit le voyage jusqu’aux jeux olympiques de Pékin, pour constater le degré de reconnaissance internationale acquis par son « rebound tumbler » dans le monde sportif et dans le monde médical.